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La vie après
D'abord la couleur. Un bleu léger d'une transparence indéfinissable. Terre ou ciel, ciel ou terre, terre et ciel, ciel et terre. Ils sont tous là arrivés. Ils sont au paradis. Ils ne planent pas, ils ne rêvent pas, ils ne parlent pas, non ils vivent l'idéal de leur vie : Les musiciens jouent, les danseurs dansent, les chanteurs chantent. Ils sont dans la plénitude.
Un samedi saint au bord de la lagune
Il est mort. Toute la nuit on l'a veillé en chantant, en priant, en faisant silence... C'était la nuit suspendue d'un vendredi Saint, sur une ile dans le fin fond de la brousse. On l'a veillé.
Au petit matin, le soleil s'est levé sur une lagune moite, laiteuse et silencieuse. Impossible de marcher ou de parler, d'aller ici ou là. Impossible de bouger. Tout est immobile et attend.
Eclater et disparaître
Maudite soit la lettre, elle est plantée là au bout de l'épée. La faire tourner encore et encore jusqu'à ce qu'elle disparaisse avec son dragon.qui s'étalera explosé de couleurs et de flammes. Vert tendre, vert pommes pas mures, verts irisés, il sera là éclatés en fragments de toutes les nuances de verts, parcourues de traînées rouges : le sang qui coulera soit léger soit en grumeaux. Il sera mort.
Parce qu'il a tué, il sera tué et parce qu'il est diabolique, il rejoindra son pays, l'enfer...
« Rats des villes »
Quelques secondes du bruit d'une tronçonneuse qui scie et un arbre tombe..
Pas de silence, pas de pleurs : juste un grand, un énorme splatch mat et plus rien. C'est la mort irréparable d'un arbre qui, affalé sur le macadam, n'est plus qu'un tronc avec ses branches, sans espoir de printemps. Sa vie d'arbre urbain est achevée.
Il était beau, et il n'est plus rien, juste quelques buches et quelques copeaux.
Un, deux, trois, quatre... dix,...soixante dix, ... cent vingt... platanes sont ainsi tombés en l'espace de deux dimanches de mars. Ils étaient la fierté de nos boulevards et personne n'a rien dit
Ou « rats de forêts »
L'arbre de la forêt lui aussi est grand et beau. Loin du bruit et des voitures, il vit au milieu des siens. Cependant, un jour, parce qu'on exploite la forêt, on l'abat. Rien, il ne peut rien faire pour protéger son pied de la tronçonneuse qui l'attaque. Rien, il ne peut rien faire et comme ses voisins arbres, il se tait... Un grand silence immense précède sa chute qui va secouer toute la forêt alentours. Les oiseaux s'envolent ainsi qu'un drôle d'écureuil qui ressemble à un tapais volant. C'était dans la forêt vierge, un arbre a été abattu.
Celui qui charonne, déforme et reforme, martèle, défonce et reconstruit le rougeoiement d'acier et ce sera le bon pain doré, la moelleuse blancheur de la mie, la croix discrètement tracée au dessous.
Celui qui, d'un geste évasif abandonne sa main qu'on avait cru levée pour demander la parole ; celui qui l'œil mi-clos étincelle en attente ; celui qui, au bord, sur le point de...
... et de nouveau, et encore, et depuis, et pour combien de millénaires, renonce.
Celui qui dès la rosée de son âge, dépourvu de tempérance, naïf orgueilleux, imprudent, impudent même, s'avance tête haute, mains nues, à la conquête des miettes quotidiennes, inlassable causeur à disputer le moindre, à disputer le peu et soudain l'horizon s'élargit, il prend sa place au monde.
Celui là qui, de toute éternité respire le parfum du lys et des roses, passeur d'hier à demain, et ce jour, ne vaut plus rien.
Muriel V.
l'immensité contenue dans une pliure petite délicate.
pourquoi le dire, elle n'en a pas besoin.
d'y penser, repousse toute pensée, que du blanc.
pas encore en relation.
l'immensité ressentie dans une courbe.
le reste n'existe pas.
ni l'allée bruyante toute droite
parcourue tant de fois, perclue de tant d'inconfort,
ni le chant de ses mésanges en ce printemps.
une petite pliure délicate, l'immensité, d'où mon regard.
comment vous dire ça autrement ? on a pris le bus, on est descendu, on a repéré notre chemin, on a cherché une couleur, on l'a trouvée, on est monté dans l'ascenseur, on a frappé doucement à la porte et elle s'est ouverte
Fiona R.
Dedans dehors
Au rebord
Deux pommes
Deux poires
Nature morte dit-on
Reflétée dans le verre
Image inversée
Tête en bas
Ciel fait terre
Grisée sans vie
Le cimetière aussi
« lieu où l'on dort »
les oiseaux dans leur tombe
still life
une langue de poussière
avant-goût
dehors dedans
Tony H.
L'atelier d'écriture Entre Midi et Deux de 12 à 14h
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